Héva et Anchaing
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Héva et Anchaing

Photo : Une belle équipe en partance pour le Piton d’Anchaing, en arrière plan.
À la fin du repas, alors que les femmes n’en finissaient de reprendre du gâteau et que les hommes ne cessaient de les chambrer, en leur disant qu’il ne fallait pas compter sur eux pour les porter demain, Marco apporta une nouvelle : La météo venait d’annoncer que la dépression tropicale sous surveillance près de l’île de Saint Brandon, au nord-est de la Réunion, s’était creusée et avait repris son déplacement vers le sud-ouest. Les Mascareignes étaient donc sous la menace potentielle de cette perturbation. Une information qui fut aussitôt reprise à toutes les tables, et ce d’autant qu’une petite pluie venait de faire son apparition. Mais Marco avait rassuré ses clients, en excursion dans le cirque demain dès le début jour. Le bulletin météorologique était clair : cette pluie qui tombait sur l’est de l’île n’était en aucune façon due à la masse nuageuse de la perturbation : la photo satellite le montrait bien. Nous avons encore une petite marge avant que les premières bandes nuageuses à la périphérie du phénomène ne viennent toucher l’île.
July et Robert se sont retrouvés dans la chambre des deux autres pour boire la bonne bouteille que Phil avait apportée. Alors que ce dernier rapportait des verres des cuisines sous une pluie fine qui tombait régulièrement, en passant la porte, sa tête tournée vers l’extérieur, il leva son regard au ciel. Les autres ont aussitôt vu une petite inquiétude sur son visage. Interrogé sur le temps, il rassura tout le monde :
- La pluie peut tomber toute la nuit, demain matin il y aura du soleil. C’est un temps classique dans cette région. Cyclone Saint Brandon, cyclone pour la Réunion, disent beaucoup de Réunionnais, mais nous le verrons bien à sa trajectoire au bulletin météo de ce soir. Mais d’ores et déjà pour nous, cette pluie, ce soir, est un supplément de marche pour demain : D’après Marco, il ne sera pas possible de descendre jusqu’au petit parking avec la voiture dans le chemin de terre compte tenu de la boue, et d’en remonter en fin de matinée. Traduction : deux bons kilomètres de plus à faire à pied à l’aller, en descente, et, par conséquent, deux autres en côte au retour, pour terminer en beauté l’excursion.
Le lendemain au réveil la pluie avait cessé. 6H30, les quatre étaient devant leurs petits déjeuners ; ils n’étaient pas les seuls dans la salle à manger, une équipe de Bretons à la table d’à côté était aussi prête à attaquer cette journée. Et c’est là qu’ils apprirent que ces derniers étaient sur le même coup : l’ascension du Piton d’Anchaing. Mais ils comprirent très vite qu’ils n’excursionnaient pas dans la même catégorie : beaucoup plus jeunes, les Bretons en étaient à leur dixième ascension depuis leur arrivée dans l’île. D’ailleurs, eussent-ils été aimables qu’ils se seraient vraiment ennuyés sur un tel parcours à marcher du même pas que le groupe de Phil.
Robert avait mal dormi. Sans doute, les bons verres et le repas copieux. Mais aussi une certaine appréhension, une certaine angoisse devant ce qui l’attendait demain ; la hâte de vivre des moments qu’il appréhendait mal et qui faisait qu’il ne s’intéressait plus au présent. Il était dans une véritable fuite vers un futur, un futur problématique pour lui. July aurait voulu dans la nuit qu’il se décidât à prendre un médicament pour la digestion. Mais il ne l’entendit pas de cette oreille ; il a bu de l’eau toute la nuit, et là les rhums et le vin en sont à coup sûr la cause ; ce n’est que vers les trois heures du matin, après moult passages aux toilettes, qu’il s’est vraiment endormi. Elle craignait d’ailleurs que son réveil fût des plus difficiles, mais ce ne fut pas le cas, apparemment du moins. La fatigue était plus de son côté que de celui de son mari – c’est qu’elle avait eu tendance à écouter ses réactions dans la nuit pendant longtemps, sans vraiment s’endormir.
Mais en ce matin, à voir ce que son mari a avalé en thé et en tartines beurre confiture – il y avait toute une gamme de confitures de fruits du pays –, elle se dit que finalement il fera une bonne marche, car elle comptait vraiment sur son aide pour finir la ballade.
Phil avait encouragé tout le monde à bien manger au petit déjeuner, parce que une fois la marche terminée, il faudra partir immédiatement et se contenter d’un sandwich en cours de route. Pour deux bonnes raisons. D’abord, le temps : si des grosses pluies arrivent, la route du littoral risque d’être basculée sur deux voies seulement, freinant ainsi la circulation. Ensuite, les embouteillages par tout temps : passer l’échangeur de Savanna avant que les bouchons ne se mettent en place à partir de 16H. Phil tenait en effet à être de retour chez lui avant la fin de la journée pour faire le point avec ses ouvriers.
Le chemin de terre qui mène au parking, un tracé récent fait au bulldozer et complètement emboué en raison de la pluie de la veille, était vraiment difficile à pratiquer. Ce que n’a pas du tout apprécié July : Je n’aime pas salir mes chaussures, avait-elle dit, en prenant à chaque fois le temps de rechercher les rares espaces un peu moins humides en bordure de la route pour poser son pied ; quand elles sont crottées, je me sens encore plus fatiguée. Elle allait avoir de la chance July, tous les sentiers empruntés par la suite, à de rares passages près, ont été bien lavés par la pluie. Le sol, surtout dans la zone d’approche du piton, était constitué de terres alluvionnaires incrustées de cailloux, d’où quelques glissades, qui font toujours rire les autres mais pas la personne qui chute sur ses fesses. Mais elle finit par avoir sa revanche parce que nul n’en est vraiment à l’abri, il suffit que le pied dérape sur une roche bien luisante pour se retrouver par terre, et quels que soient la forme physique et l’entraînement à la marche en montagne.
Le temps était beau ; un franc soleil avait bien asséché le paysage, et la température de l’air était déjà bien élevée. Un dernier bras de rivière à traverser allait permettre aux marcheurs de se rafraîchir quelque peu. Le piton était juste là, et l’on avait beau le regarder en cherchant de tous les côtés, on n’arrivait pas vraiment à deviner le passage de la voie à emprunter tellement la végétation était fournie jusqu’à son sommet.
- Une bonne mise en jambes pour arriver au pied de ce pic, dit Pauline.
- Je m’en serai contentée, lui répondit July. Qui ajouta : Je vais me laver dans l’eau de cette petite rivière.
Phil intervint alors :
- Tu peux t’asperger de toute l’eau que tu veux. Mais, attention ! ne remonte pas une anguille avec tes mains !
- Ah bon ! dit-elle, un moment effrayée, alors qu’elle s’était déjà bien mouillé le visage et les bras.
- Je plaisantais, lui répondit Phil. Mais dis-toi bien qu’Anchaing et sa compagne Héva descendaient jusqu’ici pour pêcher, et la rivière était très poissonneuse en ce temps-là. Anchaing devait bien quitter sa citadelle pour toutes sortes d’activités, au point que l’on dit même qu’il s’est fait surprendre une fois par des chasseurs de marrons alors que ces derniers n’avaient pas encore repéré son refuge.
- Il a été arrêté, demanda July.
- Il s’est paraît-il jeté dans le vide pour échapper à ses poursuivants, et il s’en est sorti.
Robert intervint alors :
- Les esclaves en fuite préféraient se jeter dans le vide plutôt que de perdre leur liberté – et cela s’est passé sur pas mal de sommets dans les cirques, qui étaient alors des contrées isolées et coupées de la zone du littoral où se vivaient des gros blancs avec leurs esclaves sur de grandes plantations.
Phil intervient de nouveau pour une question de timing :
- Il nous faut partir, le temps est beau, profitons-en. Tout en grimpant – dans la souffrance peut-être mesdames ! – nous aurons l’occasion de parler non seulement d’Anchaing mais aussi de sa compagne Héva qui l’a suivi, dans cette aventure un peu romantique vous dira peut-être Pauline tout à l’heure, quelles que fussent les conditions de vie en ce lieu et à cette époque.
La petite équipe démarra aussitôt ; Pauline se lança alors dans l’histoire de ces deux personnages :
- La belle Héva, qui était surtout attachée à la fille du propriétaire, était amoureuse d’Anchaing, et ne supportait pas les châtiments au fouet que son amoureux recevait de son maître. Et quand Anchaing décida de s’enfuir dans les montagnes, elle ne se fit pas prier pour l’accompagner.
- Mais, dit July, pourquoi avoir choisi ce piton ? Ils auraient pu se cacher un peu partout. Est-ce aussi une question de territoire à dominer, de leçons à donner à son maître pour lui montrer que ses pouvoirs ne s’étendaient que sur un territoire donné ?
- Ce piton est attirant ; mais pendant un certain temps les chasseurs d’esclaves qui se sont lancés à leurs trousses ne savaient pas si les fuyards se cachaient là-haut ; l’homme s’était fait repérer parce qu’il avait défriché pour planter et avait brûlé des herbes et des bois secs. La fumée était visible dans tout le cirque
- On aura, peut-être, les réponses à beaucoup de questions quand on sera là-haut, répondit Robert.
Le paysage change rapidement dès les premiers hectomètres de montée, les plantes sont plus resserrées, l’humidité augmente rapidement, sans doute parce que c’est la partie la moins exposée au soleil, et la pente devient ensuite de plus en plus raide. La nécessité d’avoir un bâton pour tirer aussi sur les bras afin de monter sa carcasse se fait sentir, et pendant la première halte, pour laisser July souffler un peu, Robert et Phil réussirent à trouver du bois mort pour confectionner des bâtons de marche, qui seront particulièrement efficaces dans la descente. Ils le vérifieront au retour.
À regarder en bas, on se rend compte que l’on a vite gagné en altitude et qu’on domine au loin le plateau d’Hell-Bourg. Avant de repartir la consigne était de laisser July imprimer en tête son propre rythme. Heureusement que Phil avait prévu suffisamment d’eau, parce que la soif se faisait sentir.
Au milieu de l’ascension, les lacets du sentier à flanc de falaise se faisaient plus courts, pour adoucir la pente, et les petites poses étaient de plus en plus nombreuses. Il fallait bien que July récupère un peu si l’on voulait l’emmener jusqu’au sommet. Et c’est à l’une de ces poses qu’elle a failli basculer dans le vide : à un passage délicat, elle a perdu un instant son équilibre, effrayée à la vue, a-t-elle dit et crié, d’une bête qui avait bougé dans les herbes bordant le sentier. Ce qui a déclenché un rire général, tous les autres jugeaient que sa peur était infondée. Elle insista pour dire que c’était un animal bizarre, plus gros qu’un gros rat, et qui fouillait dans les feuilles sur le sol avec son museau long et fin. Phil et Robert, avec leurs bâtons, rien que pour lui montrer que ce ne pouvait être que le produit de son imagination, se mirent à taper dans les fourrés, et, à leur grande surprise, ils découvrirent non pas un, mais deux tangues, pas du tout farouches, qui étaient à la recherche de leur nourriture en plein jour, alors qu’en principe l’animal est nocturne. C’est que sur les pentes de ce piton il fait sombre dans les sous-bois denses. Phil tira alors une conclusion des plus plausibles :
- Héva et Achaing avaient donc des protéines à leur disposition, offerts sur place par la nature. Le tangue est en effet une espèce de hérisson endémique de cette zone de l’Océan Indien, que l’on trouve un peu partout dans l’île aujourd’hui, et qui est chassé pour en faire des carris ou des civets. La chair de l’animal n’est pas appréciée par tout le monde.
Dans le dernier tiers de l’ascension la pente est encore plus forte, le sentier plus étroit, glissant parce que la terre humide est parsemée de petits galets qui ne demandent qu’à rouler sous les pieds, et le précipice derrière quelques branchages est impressionnant. En levant la tête, on n’arrivait pas à voir le sommet tellement on avait l’impression d’être carrément plaqué contre la montagne dans une végétation qui garde sa fraîcheur parce qu’elle est toujours dense. Et c’est là que Robert a laissé éclater sa colère qui était malgré la fatigue plus que justifiée. Bien qu’il soit toujours partant pour de telles balades en montagne et que July elle-même n’eût rien à redire lorsque Pauline lui avait décrit quelques éléments de sa connaissance avant le départ, Robert donnait l’impression d’être un marcheur râleur :
- J’ai arpenté bien des sentiers dans l’île, mais c’est la première fois que je ne vois pas sur des portions dangereuses des marches taillées dans la terre pour faciliter la montée. Alors que bien souvent quand il y a un à-pic d’un côté, une main courante est installée de l’autre, dans la falaise, pour un minimum de sécurité. Ici, il ne reste plus au marcheur qu’à essayer de se raccrocher à une racine qui dépasse de la fouille ou de s’agripper à une pierre. Et déjà il pensait au retour dans de telles conditions. Il y a une démarche à entreprendre auprès du maire de la commune de Salazie, la sécurité sur le territoire de sa commune est de sa pleine responsabilité.
Phil en a convenu, bien entendu ; il s’en excusa auprès de son frère, car il ne connaissait pas l’état du sentier, n’ayant jamais fait cette excursion. Il demanda la compréhension de tout le monde :
- La personne que j’ai appelée au comité de tourisme du cirque m’a seulement parlé de difficulté très moyenne. Mais avait-elle seulement monté tout son poids jusqu’ici ? Je n’en sais rien ! Mais je crois qu’il y aura une petite information à faire circuler, je vous promets aussi d’en parler à Marco.
- Je vais faire un courrier à la presse, il faut interpeller publiquement le maire, dit Robert.
- C’est le directeur de l’ONF qui est le responsable au premier plan des sentiers de randonnée. Mais on peut envoyer un mot aux deux, cela ne fera pas de mal à personne.
Ils finirent par arriver au sommet après bien de précautions, et là une récompense les attendait. July qui avait souffert pendant toute la dernière partie de l’ascension et qui avait juré que l’on ne la reprendra plus pour une telle opération changea carrément d’avis quand elle vit le spectacle qui s’offrait alors à ses yeux. Il n’y avait pas de meilleur point d’observation de l’ensemble du cirque de Salazie :
- Curieusement, dit-elle, alors que je pensais me retrouver au sommet en équilibre sur un pic rocheux, voilà que je me sens bien, ici, sur ce qui ressemble plus à un plateau. Il faut donc souffrir pour avoir quelque chose d’intéressant ; vraiment tout se mérite, dit-elle encore.
Tous les autres partageaient cette impression. Sa réflexion a été entendue par les randonneurs bretons qui au même moment débouchaient derrière un bouquet d’arbres :
- Vous n’oubliez surtout pas de faire le tour du sommet ; c’est extraordinaire, un formidable balcon sur tout le paysage. Les efforts pour monter jusqu’ici sont bien payés, dit un de la bande qui affichait une belle santé, et qui manifestement n’avait pas parlé pour lui. Une façon pour un connaisseur de reconnaître que c’était une excursion difficile, compte tenu de l’état du sentier surtout.
Après une séance de photos pour immortaliser ce grand moment, July qui avait oublié sa fatigue fut la première à s’élancer sur le sentier qui fait le tour du sommet. Ce plateau incliné constitue bien un monde où l’on peut tout faire sur place. Cultiver : On peut voir encore aujourd’hui des parcelles bien défrichées où sans doute Anchaing y a fait pousser des songes, des patates douces et même des pommes de terre. Elever : il y a suffisamment d’herbes pour les cabris. Cueillir : les goyaviers poussent à merveille, sans compter la présence encore bien visible aujourd’hui de fraisiers des bois dont les fruits ont un parfum à faire pâlir ceux que l’on trouve sur les marchés. Construire : La petite forêt primaire, sur une partie du plateau, contient suffisamment d’arbres pour construire de bonnes cabanes. Se défendre : Quelques troncs d’arbres bien placés sur le sentier et un homme avec un bon bâton et des pierres peuvent vite décourager d’éventuels assaillants. Et peut-être même une certaine autosuffisance en eau : la petite forêt primaire est bien ravinée, des retenues ont pu être construites, sans compter des sources un peu plus bas que le sommet, comme à certains passages du sentier où l’eau suinte de la roche. Et des fleurs, des orchidées sauvages admirables. La nature a conservé tout cela, sans presque aucun entretien de l’homme si ce n’est de timides traces d’un travail récent.
Ce qui a fait que Robert une fois de plus a poussé sa gueulante envers les autorités en général qui ne valorisent pas un tel lieu historique :
- C’est un milieu particulier, un poste d’observation extraordinaire pour tous les environs, et l’on n’y trouve même pas une table d’orientation pour repérer convenablement les différents petits villages, qui ici portent souvent le nom de mare : Mare à Martins ; Mare à Goyaves ; Mare à Citrons, etc. Sans compter les sommets qui au loin entourent ce piton et qui permettent de bien se positionner dans le paysage. Certes, on ne pourra pas en faire une place publique, puisqu’il faut être physiquement capable de se hisser jusqu’ici. Mais c’est un joyau qui faut faire briller en permanence.
July se permit de surenchérir sur les propos de Robert :
- Je comprends bien maintenant pourquoi Anchaing a emmené Héva vivre ici. Par une belle nuit étoilée, devant un bon feu de bois, quel plaisir d’attendre que le sommeil vienne, que le bonheur de vivre en harmonie dans une telle nature finisse par s’installer !
- Le tableau que tu viens de peindre part peut-être du réel, dit Pauline, mais il est à voir dans d’autres conditions. Il me semble bien avoir lu que Anchaing a été capturé et ramené au domaine de son maître avec sa compagne. Mais en y arrivant, ils constatèrent que le maître tant craint était mort et que la succession était maintenant entre les mains de sa fille, celle-là même qui avait d’excellentes relations avec Héva. Les deux esclaves furent affranchis… et ils regagnèrent alors leur piton pour y vivre en toute liberté.
July avait capté cette nouvelle sans se poser la question de savoir si elle était complètement en accord avec la réalité historique. En souhaitant ardemment qu’elle le fût !
Au moment de descendre, une sensation de bien-être se lisait sur tous les visages ; tous les marcheurs ont été enchantés de cette rencontre avec l’histoire d’un couple d’esclaves dans un lieu vraiment magique. Sauf Robert qui, toujours dans sa fuite pour quitter le présent au plus vite, avait trouvé un autre sujet de préoccupation. Avec raison pourtant ! Au moment de partir il saisit l’épaule de son frère en humant l’air et en lui désignant du menton les arbres qui s’agitaient dans le vent pendant que le soleil commençait à disparaître derrière les nuages :
- Tu sens le vent qui monte ; tu sens l’air chaud, et nous sommes en altitude. Cela ne te rappelle rien.
Phil ne voyait pas où il voulait en venir ; ce qui lui importait, c’était qu’il n’y ait pas de pluie jusqu’au retour à la voiture. Une descente par un tel sentier détrempé serait extrêmement dangereuse.
- Cela ne se voit pas encore dans le ciel, dit Robert, mais notre oncle quand il rentrait de sa distillation de géranium, à pas loin de 1 000 m d’altitude, en passant à la maison, alors qu’au village le temps était encore relativement beau, disait à la mère : le vent s’est déjà bien levé là-haut, la forêt ronfle, le mauvais temps approche.

Commentaires
RIVIERE site : http://pierre-georges-riviere.blog4ever.com | le 21/06/2008 à 11:57:26Cet épisode n'est pas sans me rappeler une certaine excursion que nous avons faite, mes amis et moi, à la Roche Ecrite. L'excursion n'était qu'un prétexte pour "faire la fête" dans un cadre grandiose. Après une nuit agitée, passée dans le gîte, réservé au club des chasseurs de cerfs, nous nous étions réveillés avec la "gueule de bois". Seule une petite minorité d'entre nous avait entrepris l'ascension, non pas de la Roche de Solutré, mais de la Roche Ecrite, noyée dans la brume matinale. Les années ont passé; plusieurs d'entre nous ont achevé leur derniére excursion... Ceux qui sont restés,ne sont pas prêts d'oublier cette fameuse randonnée.
L'ascension du Piton d'Anchaing, dans les conditions que tu décris, n'a certainement rien à envier à celle de la Roche Ecrite.Bonne route, sur les plus beaux sommets de notre Ile.